8 mars 2021

Habiter Belle Ile en mer entre rêve et réalité.

Par admin

En 2020, 5563  personnes vivent sur Belle Ile en Mer(14). Tour d’horizon chiffré.

Par Ben Damm

(NDLA :Cet article est basé sur des sources factuelles, listées en fin d’article .)

Evolution de la population

En 3 ans, 331 personnes se sont ajoutées (2) par le biais de :
• Naissances (37 en 2018, 35 en 2019),
• Installations ou réinstallations,
• Décès (68 personnes sont décédées en 2018, 69 en 2019).

Notre taux de natalité est en baisse constante depuis des dizaines d’années. Notre population évolue positivement comme sur l’ile d’Yeu, ce qui n’est pas le cas pour la majorité des autres îles (Aix, Hoëdic, Houat, île aux moines, Groix, Sein, Molène, Ouessant, Batz et Bréhat) (4).

Composition de la population

En 2018, Belle Ile est composée de 2633 ménages fiscaux hors communautés et sans abris (2 + 17) pour 6761 logements.
EN 2016 (2) :

Il y a 1663 retraités (1) ; Sur les 2372 actifs, 6 % travaillent ici et habitent sur le continent, 5 % habitent ici et travaillent à l’extérieur.
Sont représentés sur l’île :

  •  74 agriculteurs,
  • 368 artisans,
  •  233 cadres,
  •  422 professions intermédiaires et
  • 780 employés (1).

Les activités traditionnelles comme la pêche et l’agriculture ont décliné  en 50 ans .

Les métiers liés à la construction, l’entretien, la réparation, liés à l’augmentation des résidences et aux jardins (4) et l’activité touristique avec ses 105.9 millions d’euros par an et ses 1.5 millions de nuitées (12) ont fortement joué sur la déstructuration / reconstruction de l’économie.
La médiane du revenu disponible par unité de consommation en 2018 est de 21900 euros (17), le revenu mensuel moyen serait de 1825 euros.

En 2019, 71 entreprises sont créées (16).

Tourisme

En constante augmentation, 400 000 visiteurs viennent sur l’île chaque année selon l’office de tourisme (11) avec en 1998, 800 000 personnes qui ont fait un aller/retour (13). 393 chambres d’hôtel, 954 emplacements pour les campings et 670 chambres, appartements et dortoirs (2)

Difficultés sociales

Malgré tout, 491 personnes restent sans activité, le taux de chômage en 2017 est de 14.8 %, le taux de pauvreté étant de 11.9 % (contre 14.7 de moyenne en France). En 2018, il est passé à 12.5 %.

36 % touchent une allocation de la CAF, 10 % les APL, 4 % les minimas sociaux.

10 % seraient logés gratuitement (1).

Education

En 2017,

  • 16.2 % de la population sont sans diplôme ou avec certificat d’études primaire,
  • 6.6 % avec un BEPC,
  • 30.4 % avec un CAP ou BEP,
  • 20.7 % avec un BAC,
  • 23.2 % de la population possède un diplôme de niveau supérieur,
  • 5 % avec un BAC+5.

Le taux de scolarisation de 96.6 % pour les 15/17 ans tombe à 20 % après 18 ans (2)

Egalité salariale H/F

Les femmes sont aussi moins bien payées que les hommes quel que soit le secteur d’activité avec 25 % de différence chez les cadres et 1 % de différence chez les employés et surtout chez les plus de 50 ans (2).

Etat des lieux des 4 communes :

En 2017, sur la communauté de communes, 39.4 % résidences étaient principales, 56.8 % secondaires et 3.8 % de logements restaient vacants (2).

84 % sont des maisons, 13 % des appartements (2)

Par ailleurs, 10 % des foyers auraient changé de logement. 33 % récemment. (1)

  Nombre d’habitants Logements sociaux(2017) Logements autorisés en 2018 (individuels, collectifs, résidences)
 BANGOR 1023 30 5
 LE PALAIS 2629 104 11
 LOCMARIA 895 40 4
 SAUZON 1016 16 2

Evolution du nombre de résidences

(9,10,2)

Dans le parc locatif privé, 5.5 % des logements seraient vides, 1.7 % meublés. 55 % seraient des logements individuels et 45 % sont en commun. Une agence immobilière peut avoir 10 demandes de logements locatifs « à l’année » par mois(1).

Marché de l’existant :

Les maisons sont en moyenne au prix de 240 500 euros soit 3196 euros / m2 (en 2018, 1)
Les logements collectifs 120 300 euros soit 2517 euros / m2 (en 2018, 1)

En 1995, le terrain constructible était autour de 22 euros du m2, en 2003 il passe à 45 euros (108 % d’augmentation sur une base de 576 transactions. Les prix ont plus que doublé en 8 ans). (7)
Aujourd’hui il est de 222 euros le m2 (15) ;
En 2002, un terrain constructible moyen était autour de 55 245 euros (8), en ce février 2020, 160 000 euros est annoncé en vitrine pour une petite parcelle à Le Palais.
En juillet et août 9 demandes sur 10 concernent les résidences secondaires (3).
Il y a bien eu un effet Covid : L’achat se fait désormais au prix, les biens se vendent en 2 semaines surtout sur des budgets inférieurs à 300 000 euros ; ce budget étant le point de basculement entre résidence principale et résidence secondaire (3).
Le marché médian se situe entre 200 000 et 400 000 euros (3).
Les hollandais, les espagnols, les suisses et les belges cherchent de plus en plus à s’installer (3). Mais aussi des résidents secondaires remontent du sud du pays.
Le marché est donc soumis à une forte pression foncière, dominé par les demandes de résidences secondaires.
Le conservatoire du littoral peut aussi acquérir comme en 2004 du foncier, 2 456 000 m2 (6) dont des bâtiments, une pression ressentie aussi sur les terrains non constructibles.
Il y a aussi de la rétention foncière (Effet d’inflation grâce à l’intérêt médiatique, garder un terrain pour ses enfants, se garder sa vue en achetant le bien du voisin) (4)

Le parc social

Il y avait 190 logements sociaux et 0 nouvelles mises en location pour 2016. Le taux de mobilité était de 6 %. 51 % des biens étaient des maisons, 49 % des appartements. Il y a eu 78 demandes en tout, 19 % externes à Belle Ile et 81 % en interne. (1)
En 2017, sur les 1297 personnes qui étaient locataires à titre de logement principal, 392 étaient dans un HLM (2).
198 sont logés gratuitement (2).

En guise de conclusion…

Il est urgent et important de travailler avec les autres iles européennes et les autres villes du littoral pour se projeter sur le long terme sur la question de l’habitat et du développement durable des iles. La finitude du territoire se fait ressentir, des tensions sociales se matérialisent.

Et vous maintenant que vous avez le dossier en main, qu’en pensez-vous ?

 

 

 

Sources :

  • (1) ADIL Agence départementale d’information sur le logement du Morbihan document Observatoire de l’habitat / Tableau de bord des indicateurs,
  • (2) Insee RP2017 et 2020,
  • (3) professionnels du secteur
  • (4) thèse de doctorat de Clothilde Buhot UBO déc 2006 « Marché du logement et division sociale de l’espace dans les îles du Ponant »
  • (5) Ministère CGDD/SDES-2018
  • (6) CELRL 2004
  • (7) source EAM 1995-2003 DSF Hotels de impots
  • (8) EAM DSF 2002-03 et chambre des notaires 2004
  • (9) Source Cittanova / CCBI « dynamiques démographiques
  • (10) Source statistiques communales INSEE 1999 RGP C. Buhot 2003
  • (11) Office de tourisme stratégie de développement touristique 2019/2024
  • (12) tourisme Bretagne.bzh
  • (13) Association des îles du ponant 1998 C Buhot 2004 dsv
  • (14) Ministère de l’intérieur 01/10/2020
  • (15) Ouest France immo
  • (16) Répertoire des entreprises et des établissements
  • (17) Insee / DGFIP / Cnaf /Cnav/ CCMSA BendammPatr