20 novembre 2020

Se baigner c’est se sentir vivant !

Par admin

NDLR : texte d’un contributeur qui souhaite rester anonyme.


J’aime me baigner, j’adore me baigner. Été comme hiver, le bain me donne une pêche d’enfer, même si la période de janvier à mars est plutôt celle des warriors ! Hélas, depuis le 29 octobre, l’article 46 du décret 2020-1310 interdit l’ensemble des activités nautiques et de plaisance. Je ne conteste pas la gravité de la crise sanitaire, mais… je ne comprends pas cette décision que l’on aurait pu, au minimum, expliquer. Or là, rien, nada : tu obéis et tu te tais.

Ben moi c’est clair, je désobéis !

Contrairement à de nombreux pays européens où l’accès à la nature n’est peu ou même pas restreint (1),  la France a une nouvelle fois choisi la voie de l’autorité. Une véritable douche froide pour les côtes, catégorie parmi laquelle je me situe. Où donc se cache la Covid sur nos plages, qui peut penser que la distanciation sociale n’est pas respectée par les surfeurs ou les baigneurs ? Les côtes sont elles plus dangereuses que le métro parisien aux heures de pointe ? Pourquoi aucun cluster n a t-il jamais été enregistré sur les plages ? Et puis, pourquoi le footing serait-il, lui, permis ?

Se baigner c’est se soigner. Immergés, nous sommes moins lourds. De 50% avec de l’eau jusqu’à la taille à 90% si le niveau atteint le cou(2). Grâce à Archimède, nos muscles se relaxent et notre corps oublie la charge qui pèse sur les tendons, les ligaments, les genoux, les hanches et les chevilles. Précieux pour tous ceux chez qui ces zones sont synonymes de souffrances journalières. La baignade favorise le travail des reins et stimule la circulation du sang en diminuant les courbatures. Le froid atténue les douleurs, ça n’est pas pour rien que l’on met de la glace sur les blessures, comme il stimule l’immunité. L’eau de mer est une source de sels minéraux comme d’oligo-éléments. Le sel gomme les cellules mortes de la peau. Enfin, l’eau de mer c’est clair, ça relaxe. Ça n’est pas donc pour rien qu’Hippocrate, le père de la médecine, recommandait le bain de mer, 460 années avant notre ère, ou que 200 thermes sont construits à Rome à la fin du 1er siècle… Alors, avoir à coté de chez soi un bain de jouvence comme l’eau de mer et ne pas avoir le droit d’y plonger… impossible !

Se battre pour se baigner, on peut le considérer comme une opinion de privilégié qui a la chance de vivre proche d’une plage ? Et pourtant, nous sommes nombreux à habiter près des côtes : les 885 communes du littoral français accueillent 10% de la population(3). La pratique de sport comme le longe côte est proche du footing et ne nécessite qu’une petite combinaison en hiver. Quant au surf, les débutants peuvent s’initier avec une planche à moins de 200€. Ce ne sont donc pas des préoccupations de riches pour la majorité de ces activités nautiques, à l’exception bien sur de quelques propriétaires de superbes bateaux ! 

Alors, laissez nous plonger dans notre élément chéri. Priver les baigneurs d’une activité essentielle à leur santé est stupide et dangereux. A Biarritz, la police signale que l’article de loi maudit ne prévoit aucune dérogation pour raison médicale à l’exception des sportifs de haut niveau. Une obstination ridicule qui va contre les avis médicaux et oublie les dangers de la sédentarité. La sagesse serait d’encourager ces activités plutôt que de les réprimer. Cette interdiction doit au minimum être levée pour les personnes qui sont en situation de handicap ou qui présentent une pathologie qui le justifie. Quelles seront les conséquences physiques et morales observées chez ces sportifs comme chez ceux pour lesquels ces bains sont recommandés par le corps médical ? Je suis solidaire avec le personnel soignant mais je ne comprends nullement une telle décision. Et puis, en période de confinement se baigner c’est flirter avec des interdits adolescents comme fumer sa clope dans les toilettes du collège. Allez, tout le monde à l’eau !

Le baigneur masqué

PS : on comprendra que, face au contexte punitif, le baigneur s’abrite derrière son masque !